: On l'ignore, mais aucune disposition légale n'oblige les parents à procéder aux achats de fournitures scolaires... Mais la plupart d'entre eux s'y collent, bien obligés tout de même, à chaque rentrée. Une opération douloureuse pour le budget familial. Et d'autant plus pesante à partir du collège, où certains professeurs rivalisent d'inventivité pour réclamer des fournitures pointues et tellement indispensables. Avec un peu de chance, l'élève s'en sert facilement... une fois dans l'année.
Bref, en ces temps de vaches maigres, une circulaire du ministre de l'Éducation nationale datée du 10 juillet dernier invite à la mesure et à « la mobilisation de tous les acteurs en vue de simplifier ces listes et d'alléger les charges qui pèsent sur les familles. Il convient de concilier la liberté pédagogique de chaque enseignant avec la nécessité d'établir des demandes de fournitures portant sur l'essentiel. » Sans oublier la possibilité d'échelonner les achats sur l'année.
« Distinguer le nécessaire de l'accessoire »
Au passage, Xavier Darcos en profite pour placer un couplet sur l'éducation à la consommation. « Le système éducatif doit préparer les jeunes à être de futurs consommateurs éclairés, capables de distinguer le nécessaire de l'accessoire. » Ne pas succomber aux sirènes de la surconsommation, résister aux tentations des marques, penser développement durable : autant de messages à distiller, selon le ministre, à la rentrée lors de la remise des listes de fournitures scolaires. Tant pis pour ceux qui les ont reçues en fin d'année scolaire...
Outre ces recommandations théoriques, une mesure concrète a été prise pour tenter de limiter les frais : une liste de fournitures essentielles pour lesquelles les enseignes de la distribution se sont engagées à conserver les mêmes prix qu'en septembre 2007. On la nomme familièrement la « liste Darcos », mais rares sont les parents, croisés dans les rayons concernés, à en avoir entendu parler.
Pourtant, les hypermarchés ont mis en avant les articles en question. A Carrefour Mayol (Toulon), par exemple, un grand panneau à l'entrée présente les fournitures essentielles au meilleur prix. « Nous signalons également en rayon par une affichette les articles de la liste Darcos » précise Philippe Chaux, manager métier, responsable de la papeterie.
Les familles vigilantes sur les cartables
« Les clients font très attention aux prix. Mais ils s'efforcent généralement de faire plaisir à leurs enfants pour deux produits : les agendas et les cartables. Les premiers qu'ils achètent. » Pour ces derniers articles, les mères de famille sont très vigilantes. « Une fois, j'ai acheté un cartable premier prix, mais il n'a pas tenu. Désormais, je fais attention. » La mère de Paola, 7 ans, envisage de consacrer autour de 25 euros au cartable de sa fille. Pour cette rentrée au CE1, elle pense dépenser 100 euros de fournitures. « J'achète beaucoup en double. Et je suis attentive au rapport qualité-prix. Pour les bâtons de colle, par exemple, je prends une marque bien précise. »
Et de plus en plus de parents procèdent, pour l'achat des fournitures scolaires, comme pour les produits alimentaires : un subtil cocktail de « premiers prix », de marques de distributeurs et de grandes marques, afin de limiter la casse.