La cheminée de l'usine APPIA sur la zone d'activités Saint-Martin. Une campagne de mesures chimiques menée en 2007 a relevé des taux élevés de benzène. Des travaux sont prévus cette année. : Photo Patrick Beaudet Le comité d'intérêt local (CIL) de Costebelle vient de tenir son assemblée générale au centre de vacances de la Font des Horts.
La dernière en tant que présidente pour Yolande Barbier, qui tirait ce soir-là sa révérence à l'issue de quarante années de mandat. Un vrai record de longévité et un grand moment d'émotion pour les adhérents. Le bureau devrait désigner cette semaine son successeur.
L'essentiel de la réunion a porté sur le dossier des fumées produites par l'usine de goudron APPIA qui inquiètent le quartier depuis bientôt trois ans.
Goudron et combustion
« C'est une gêne olfactive par vent de nord-ouest, le matin. Ca sent les oeufs pourris. Les maisons les plus proches de l'usine sont à 250 mètres, mais, paradoxalement, les gens qui habitent près ne sont pas gênés », explique un adhérent. Un point a été fait sur le travail très important mené sur ce dossier par le CIL. Après des démarches opiniâtres auprès de la DRIRE, de la préfecture et du groupe Eiffage dont Appia est une filiale, plusieurs éléments nouveaux sont intervenus. En février 2007, le CIL a obtenu que des mesures de relevés d'odeurs et de gaz aient lieu. « Voyant que l'on traînait les pieds pour nous donner les résultats, nous nous sommes adressés à la direction de la qualité du groupe Eiffage qui construit actuellement de beaux bâtiments, « Le Domaine de la Source », sous l'usine APPIA. Leur réponse a été immédiate. Les résultats des mesures olfactives montrent qu'il y a de mauvaises odeurs jusqu'à 600 mètres, même lorsqu'il n'y a pas de vent. Quant aux mesures chimiques, l'analyse des gaz qui sortent de la cheminée (qui fait 20 mètres de haut alors que la colline en fait 100), on y a trouvé plusieurs gaz qui selon la DRIRE sont dans les normes. Mais aussi du benzène, nettement au-dessus des normes. La DRIRE a demandé à APPIA soit de modifier la ventilation, soit de réduire l'émission, soit d'utiliser autre chose que du fioul pour la combustion : ils vont prendre du gaz naturel ». L'installation qui doit se faire cette année porterait sur 100.000 à 150.000 euros et un comité de liaison, d'information et de surveillance doit être créé pour surveiller les capteurs.
Hydrocarbures aromatiques polycycliques
Si ce résultat paraît intéressant, le CIL entend rester extrêmement vigilant et poursuit, en contact avec des toxicologues et diverses associations, des travaux poussés le dossier. « Nous souhaitons impliquer la mairie : le problème n'est pas seulement costebello-costebellien. Le Mont des oiseaux prend aussi sa dose et l'urbanisation est galopante autour de la zone Saint-Martin où se situe l'usine. Aujourd'hui, on est face à des industriels du BTP et du pétrole liés sur cette histoire de bitume. Nous allons demander la mise en place d'un système de contrôle permanent. Cette pollution est très insidieuse et l'on ne sait pas tout ».
En ligne de mire, la persistance atmosphérique et la forte toxicité des HAP - hydrocarbures aromatiques polycycliques - classés dans la liste des polluants prioritaires de l'Organisation Mondiale de la Santé et de l'union européenne.
Pour plus de détails sur ce problème de pollution de l'air, un site a été monté : www.pollutioncostebelle.com