Sourire de rigueur à la centrale de réservation Estérel Côte d'Azur : les touristes se sont décidés tard, mais ils seront bien là. : Photo Ph. A. Le mois de mai 2008 devrait rester gravé dans les annales du tourisme varois. Les professionnels de ce secteur retiendront en effet qu'il a connu une affluence exceptionnelle, du jamais vu, prédit-on de part et d'autre. Après un pont du 1er mai très satisfaisant, celui de la Pentecôte, avec un lundi chômé retrouvé, promet en effet une jolie cohue dans les rues et sur les plages.
« C'est plein comme en été », résume Hubert Courrier, directeur de l'office du tourisme de Saint-Raphaël et président de la centrale de réservation Estérel Côte d'Azur.
Cette structure propose, en un seul clic ou un simple coup de fil, 35 000 lits, soit un bon tiers de l'offre touristique varoise, répartis sur quatorze communes, de Saint-Raphaël aux Issambres, en passant par le pays de Fayence.
Dans ce secteur, c'est clair, « le visiteur aura du mal à trouver une chambre en bord de mer à partir du 8 mai », prévient Hubert Courrier.
Les réservations se sont accélérées la semaine dernière à peine, confirmant la tendance selon laquelle, aujourd'hui, les touristes se décident tard, le nez sur les prévisions météo. Si le soleil brille d'après les prévisionnistes, les touristes font les valises. Sinon, ils restent à la maison.
Courts séjours
« Les réservations tournent autour de courts séjours, trois nuits en moyenne », précise Régis Courvoisier, directeur de la centrale de réservation. L'origine de la clientèle ? Sans surprise, à 70 %, des Français, venus de Rhône-Alpes, de la région parisienne et aussi, marché important, de Marseille et surtout de Nice, en nombre non négligeable. « Les habitants des Alpes-Maritimes viennent pour deux jours de tranquillité, pour des breaks de qualité, surtout dans le haut pays », remarque M. Courvoisier.
Du côté de Saint-Tropez, autre pôle fort pour le tourisme, même satisfaction au vu du niveau des réservations. « Heureusement. Car si le 1er mai a été correct, les vacances de Pâques n'ont vraiment pas été terribles, à cause de dates décalées, de conditions météo moyennes et d'un bon enneigement », rappelle Emmanuel Bertrand, directeur de la maison du tourisme intercommunale (douze villes du golfe de Saint-Tropez).
Dans cette zone, les neuf mille lits proposés ont presque tous trouvé preneur pour ce très long week-end de Pentecôte, surtout dans la presqu'île même. « Il reste quelques disponibilités, et il y a toujours des annulations de dernier moment. Mais rarement en bord de mer », détaille-t-il.
Attentifs à leurs dépenses
Ici aussi, beaucoup de visiteurs français attendus, mais aussi des Italiens, des Suisses et des Allemands.
Enfin, à l'est comme à l'ouest du Var, une observation partagée par tous les professionnels du tourisme : « Les vacanciers ont le pied sur le frein », assure M. Bertrand. Non de leur voiture, mais de leur porte-monnaie.
Autrement dit, une fois l'hébergement réservé, ils se montrent très attentifs à leurs dépenses, notamment à ce qu'ils mangent et à leurs déplacements. Les hôteliers ont donc essayé de maintenir leurs tarifs d'une année sur l'autre, jure leur fédération.
Quant à la saison estivale, il est trop tôt pour en dessiner les contours. D'autant que le vacancier est aujourd'hui « versatile », estime Jean-Pierre Ghiribelli, président du syndicat des hôteliers et restaurateurs (lire en page suivante). Versatile et souvent fauché. Même à Saint-Tropez, le touriste, dit-on, fait gaffe à son budget. C'est dire...